La résilience des titres de créance américains

Point de vue des États-Unis d’Alex Mackey, cochef des placements, Titres à revenu fixe

Bonjour à tous et bienvenue à notre webémission : pleins feux sur les titres à revenu fixe. Je m’appelle Benoit Anne et je suis chef de l’analyse des marchés à MFS. Je suis accompagné d’Alex Mackey, cochef des placements, Titres à revenu fixe. Nous allons parler de la perspective des États-Unis, Alex. Permettez-moi d’aller droit au but. Nous avons eu une réunion de la Fed la semaine dernière, et c’était très important. C’était la prise de fonction du nouveau président de la Fed. Commençons par connaître votre point de vue sur le déroulement de cette rencontre et la raison pour laquelle elle était importante pour les investisseurs? Quelles sont vos perspectives à l’égard de la Fed et qu’est-ce que cela signifie pour les titres à revenu fixe américains?

Alex Mackey : D’accord. Eh bien, il y a beaucoup à apprendre avec un nouveau président de la Fed. L’arrivée de Kevin Warsh à ce poste marque le début d’une nouvelle ère, et il devra inévitablement faire face, en tant que nouveau président, à des débuts hésitants, à quelques contretemps et à un processus d’apprentissage. Le communiqué, les déclarations et la conférence de presse de la semaine dernière nous ont donné, à nous, investisseurs en titres à revenu fixe, matière à réflexion alors que nous entamons la deuxième partie de l’exercice 2026 et les années à venir, avec le président Warsh à la barre.

Je pense que le premier élément dont nous, en tant qu’investisseurs chez MFS, avons beaucoup parlé au cours de la dernière semaine est : quelles sont les retombées de la communication et de la transparence? Dans le passé, ces données étaient assez importantes en matière de montant, de volume et de détails. Le président Warsh a indiqué très clairement qu’il voulait réduire considérablement ce pourcentage. Cela s’est concrétisé dans l’énoncé, dont le nombre de mots a été réduit de plus de la moitié. Il n’a pas ajouté de point au sommaire des prévisions économiques et a répété – environ 25 à 30 fois – l’expression « groupes de travail ».

Et les groupes de travail, ce que cela signifie vraiment, c’est que « nous allons examiner de façon approfondie les communications et la façon dont nous le faisons ». Nous interprétons cela comme signifiant qu’il y en aura beaucoup moins. Et la raison pour laquelle cela est important, c’est que moins de communication, moins de transparence de la Fed devrait accroître l’incertitude sur le marché. De plus, un niveau plus élevé d’incertitude se prête probablement aux aspects de la volatilité et aux facteurs de surprise.

C’est pourquoi nous pensons que ce changement est important. Nous pensons que cela entraînera davantage d’évolution que de révolution. Par conséquent, nous croyons qu’il y a d’importantes considérations pour les investisseurs comme nous dans la façon dont nous choisissons de prendre des risques liés aux titres à revenu fixe, en particulier la duration et la volatilité des taux qui y est associée. La capacité à faire preuve de conviction : investir en tenant compte de la duration sur le marché américain des taux nous semble désormais être un pari moins sûr.

L’autre caractéristique qui est vraiment importante est la stabilité des prix, selon les communications de la Fed. Je pense donc que les principales conclusions à retenir sont les suivantes : les groupes de travail vont entraîner des changements en matière de communication, et l’expression « stabilité des prix » est une façon très vague de décrire l’objectif d’inflation. Par conséquent, la stabilité des prix et l’évolution des communications seront les principaux moteurs de la façon dont nous parlons de la Fed et de l’approche qu’adopterait le président Warsh à l’égard du marché à l’avenir.

Benoit Anne : Oui. Donc, peut-être un peu plus d’incertitude, un peu plus de volatilité et, au bout du compte, renforcer les arguments en faveur de la gestion active, compte tenu de la complexité à laquelle nous faisons face actuellement. Permettez-moi maintenant de passer au crédit, qui est évidemment le principal sujet du jour. La webémission s’intitule La résilience des titres de créance américains. Eh bien, lorsqu’on examine les écarts de taux, il ne fait aucun doute qu’ils sont probablement serrés. Permettez-moi donc de vous demander si c’est durable et comment vous envisagez les principaux facteurs de crédit à l’avenir.

Alex Mackey : Oui. Donc, notre cadre d’approche à l’égard de tous les marchés des titres à revenu fixe, et certainement lorsqu’il s’agit de penser aux marchés des écarts de taux et des titres de créance, est axé sur les paramètres fondamentaux, les données techniques et les valorisations. Et la façon dont tous ces éléments, une fois regroupés, aura une incidence importante sur les niveaux absolus des écarts de taux sur le marché actuel.

Donc, pour répondre à votre question concernant la durabilité des écarts très serrés : les écarts sont effectivement très serrés. Les écarts de taux se situent dans un centile avoisinant les 10 % sur une longue période. Nous avons déjà connu à plusieurs reprises des situations où les écarts de taux sont restés à un niveau serré pendant une longue période. Au milieu des années 1990, entre 1993 et 1998, les écarts de taux se situaient à des niveaux que vous qualifieriez de serrés. De 2003 à 2007, nous avons connu une autre longue période de resserrement des écarts de taux.

Cela fait plus de deux ans que nous traversons une période où les écarts de taux sont relativement serrés. Nous avons connu les turbulences de 2022 et 2023, qui étaient attribuables à la politique monétaire et à des niveaux élevés d’inflation (les écarts de taux étaient plus volatils durant ces périodes). Par la suite, en 2024, en 2025 et maintenant en 2026, on a observé une cohérence dans la politique monétaire, marquée par un assouplissement progressif, qui devrait désormais rester stable, voire s’orienter vers un resserrement modéré, tant ici aux États-Unis que dans le monde.

Et puis, il y a eu ce qui constitue probablement, à notre avis, l’élément le plus important : des rendements plus élevés vers lesquels les investisseurs en titres à revenu fixe peuvent orienter leurs placements, ainsi qu’un contexte fondamental vraiment solide dans le segment des titres de créance. La croissance des bénéfices est donc très constante. Les prévisions de croissance des bénéfices pour le reste de 2026 et jusqu’en 2027 devraient se situer entre 15 % et 20 %. Ce sont des niveaux de croissance très solides. Cela est très important pour la viabilité du crédit. En ce qui concerne les facteurs techniques, le niveau des écarts de taux est un facteur important.

Nous surveillons donc les flux de capitaux qui arrivent sur les différents marchés. Nous examinons le positionnement des investisseurs sur différentes périodes. Et lorsque nous examinons ces mesures aujourd’hui, les flux de capitaux sont solides et le positionnement n’est pas exagéré. Il semble plutôt neutre. Le marché n’est donc pas en surachat. Et si vous vous placez dans la perspective d’un gestionnaire de portefeuille, le taux de rendement initial est un élément essentiel pour évaluer quels seront probablement vos rendements futurs. C’est un point sur lequel nous devrions tous revenir régulièrement en tant qu’investisseurs en titres à revenu fixe : le rendement de départ de l’investissement est en effet un élément essentiel à prendre en compte pour évaluer quel sera probablement le profil de rendement.

Benoit Anne : Oui. Vous avez mentionné un mot clé, les facteurs techniques. Permettez-moi donc de vous poser une petite question complémentaire à ce sujet. Êtes-vous préoccupé par le « mur de l’offre », qui est principalement lié à l’IA? Comment suivez-vous cette situation, et cela risque-t-il de gâcher un peu la fête, ou comment la plateforme perçoit-elle cela?

Alex Mackey : C’est une excellente question. C’est une excellente question. Nous ne le pensons pas pour l’instant. Il s’agit d’une caractéristique importante du marché du crédit en 2026. Son incidence, l’IA, le financement par emprunt, son incidence sur le marché des titres de créance de catégorie investissement et le marché des titres de créance à rendement élevé aux États-Unis. Cela a de plus en plus d’incidence sur les créances titrisées, plus précisément sur le marché des titres adossés à des actifs.

Donc, en ce qui concerne la croissance dans ce domaine et les investissements dans l’IA, il y a des avantages et des inconvénients. Comme les placements stimulent la croissance économique, cette dernière alimente de solides paramètres fondamentaux. Mais le fait de devoir emprunter et de devoir recourir aux marchés financiers, les marchés financiers publics, constitue une dépendance. Ainsi, les rendements élevés, qui attirent des capitaux vers cette catégorie d’actifs, constituent un facteur favorable face à ce « mur d’offre », comme vous l’avez décrit. D’une année à l’autre, on observe des taux de croissance très élevés de la dette émise pour soutenir les sociétés à très grande échelle, les centres de données et, de plus en plus, le financement lié aux puces.

Il pourrait donc y avoir un point de rupture. Ce n’est pas le cas actuellement. Les carnets de nouvelles transactions sont sursouscrits de 4 à 10 fois. On constate que, dans le cadre de nouvelles transactions, les niveaux de prix se situent initialement à un écart qui finit par se resserrer considérablement par rapport à ce qui avait été envisagé au départ. Ce sont là des signes très encourageants quant au positionnement du marché et à la volonté d’absorber toute cette offre. Mais si l’on revient aux fondamentaux, il faut sans cesse se demander : observe-t-on des préoccupations venant de la base? À l’heure actuelle, nous n’en voyons pas. Et les dépenses en immobilisations sont un puissant moteur de la santé macroéconomique fondamentale, qui se répercute sur la santé microéconomique.

Benoit Anne : Oui. Excellent. Oui, merci. Vous êtes donc cochef des placements en titres à revenu fixe. Parlons de la plateforme de placement et du processus de placement. Nous pouvons faire un petit jeu de rôle ici. Je suis un client potentiel de MFS. Expliquez-moi comment vous percevez la solidité de la plateforme, quel serait le principal facteur de démarcation de MFS, et pourquoi je devrais investir dans les titres à revenu fixe de MFS.

Alex Mackey : Oui. Eh bien, notre plateforme de titres à revenu fixe est établie et s’articule en quelque sorte autour de trois caractéristiques assez faciles à retenir, qui sont essentielles à la prise de décisions de placement. Premièrement, la collaboration à l’échelle de la plateforme est très solide. Il ne s’agit pas seulement des titres à revenu fixe, mais de l’ensemble de l’organisation de placement. La deuxième est l’accent mis sur la cohérence du processus de placement. La cohérence signifie la reconnaissance du risque, la compréhension de la tolérance au risque. Troisièmement, le placement avec assurance. Ainsi, la confiance peut s’exprimer au niveau du portefeuille, lors des choix de répartition, mais elle influe également — et c’est là un point essentiel — sur la manière dont les idées sont identifiées au niveau des titres. Et vous construisez les portefeuilles à partir de la base.

Je pense que ce que MFS fait très bien, c’est qu’elle réunit des équipes dotées de ressources considérables qui se concentrent sur des segments du marché des titres à revenu fixe et qui incitent ces investisseurs à communiquer de façon très efficace. Je vais vous en donner un exemple. Donc, sur une base trimestrielle, nous avons un forum que nous réunissons. Nous l’appelons notre « forum macro-micro ». Dans le cadre de ce forum, on demande à notre équipe – plus précisément, d’un point de vue macroéconomique, à notre économiste en chef et stratège en chef des placements – d’évaluer, de manière indicative, quatre éléments clés ayant une incidence sur les résultats macroéconomiques (à savoir les revenus, les dépenses en immobilisations, la marge bénéficiaire et la main-d’œuvre). Ces éléments s’améliorent-ils, demeurent-ils stables ou se détériorent-ils? Évaluez-les d’un point de vue macroéconomique.

Ensuite, nous demandons à tous nos analystes qui couvrent le marché des obligations de sociétés aux États-Unis, c’est-à-dire les analystes de sociétés de catégorie investissement et à rendement élevé, de noter leurs secteurs exactement de la même façon. Nous tentons donc de repérer les éléments de cohérence ou de dissonance qui existent dans chacune de ces quatre dimensions des caractéristiques macroéconomiques. Le marché de l’emploi se détériore-t-il d’un point de vue macroéconomique? Est-ce que notre micro-équipe nous fait part des mêmes commentaires? Et ensuite, passons en revue l’ensemble du groupe.

Il en résulte que nos analystes spécialisés dans différents secteurs d’activité recueillent des informations provenant d’un large éventail d’autres secteurs; ils obtiennent ainsi une vision complète de la gamme de qualité. Nos investisseurs axés sur la macroéconomie bénéficient de perspectives microéconomiques, sans pour autant y consacrer leur temps. Et vice versa. Les investisseurs axés sur les micro-facteurs entendent clairement des points de vue axés sur les macro-facteurs.

Tout cela est important, car cela aide chacun de nos investisseurs à prendre de meilleures décisions d’investissement. Et en fin de compte, si l’on combine une sélection judicieuse de titres avec des choix de répartition d’actifs, puis que l’on y ajoute une gestion efficace de la duration, on peut capitaliser le rendement excédentaire sur chacune de ces dimensions du risque d’un portefeuille, ce qui se traduit par une expérience client vraiment positive. Nous pensons donc que l’expertise dans chacun de ces domaines est favorisée par une plateforme de placement hautement collaborative, dans laquelle nous investissons beaucoup d’énergie, et nous pensons que nous le faisons très bien chez MFS.

Benoit Anne : Bien. Vous avez mentionné le forum micro-macro. Il y en a aussi un autre appelé « risque et occasions ». Examinons cela. Tout d’abord, quels sont les principaux risques auxquels vous pensez en ce moment pour les titres à revenu fixe américains, puis où voyez-vous les occasions les plus intéressantes en ce moment?

Alex Mackey : Oui. Lorsque nous réfléchissons aux marchés des écarts de taux, et que nous les définissons comme des risques et des occasions dans le forum que vous avez mentionné, nous nous concentrons vraiment sur les segments des écarts de taux des marchés des titres à revenu fixe. Les secteurs dans lesquels nous voyons – nous commencerons par les risques, car en tant qu’investisseurs en titres à revenu fixe, nous sommes toujours sceptiques et réfléchissons aux risques de baisse – mais lorsque nous pensons aux risques, les segments du marché à l’égard desquels nous faisons probablement preuve de la plus grande prudence sont ceux des titres à rendement élevé, notamment les titres à rendement élevé européens (ainsi que les titres à rendement élevé américains, du moins dans les segments de moindre qualité de ce marché). Nous privilégions ensuite les titres de créance de qualité de la catégorie « investissement » des marchés émergents — en mettant l’accent sur les obligations d’État plutôt que sur les obligations des sociétés des marchés émergents.

Je dirais que les occasions sont moins prometteuses, mais il y a toujours des occasions dans les secteurs des titres à revenu fixe dans lesquels nous pouvons investir. Toutefois, une grande partie des occasions qui se présenteront finiront par se résumer à des choix de sélection idiosyncrasiques, du moins dans le contexte actuel du marché.

Mais encore une fois, c’est un excellent exemple de processus et de forum où nous rassemblons nos équipes de gestion de portefeuille, nous forçons un débat et nous demandons à chacun de partager son point de vue dans chacun de ces secteurs. Et je dirais que les discussions exprimant la frustration face aux écarts de taux serrés ont été très persistantes, mais que les votes actifs des gestionnaires de portefeuilles qui apportent leur contribution et fournissent des données à ce forum tendent de plus en plus vers un positionnement neutre. Et cela découle en réalité des perspectives concernant les paramètres fondamentaux, ainsi que des facteurs techniques et de la position constructive à l’égard de chacun de ces aspects. Donc, oui, il est frustrant de ne pas être rémunéré de façon très importante pour les écarts de taux. En même temps, nous reviendrons sur le fait que cela peut être durable, que cela peut persister et que cela doit être une réalité reconnue.

Benoit Anne : Oui, absolument. Je veux dire par là que, selon moi, les écarts de taux sont actuellement si attrayants que les titres à revenu fixe sont bien positionnés, compte tenu du contexte mondial et de la complexité de la situation à laquelle nous sommes confrontés. Nous recevons donc de nombreuses questions de la part de nos clients. J’en ai retenu deux pour recueillir votre avis. Nous pouvons donc revenir à la question de la valorisation. L’une des questions posées par les clients était donc la suivante : les écarts de taux relativement serrés sont-ils un signe de complaisance ou reflètent-ils vraiment peut-être un changement structurel sur le marché des titres à rendement élevé, les titres de créance privés absorbant peut-être une plus grande part du risque? C’est une très bonne question. Nous n’avons pas mentionné les titres de créance privés, mais c’est peut-être le moment de le faire.

Alex Mackey : Oui. Oui. Oui. L’IA et les titres de créance privés, n’est-ce pas? Ce sont les deux éléments qui ont dominé la conversation généralisée sur les marchés des titres à revenu fixe au tout début de 2026, puis la guerre en Iran et l’inflation sont devenues les caractéristiques dominantes, mais nous commençons maintenant à revenir à la question sur les répercussions de l’IA. Et vous avez évoqué les caractéristiques de l’offre. Quelles sont les répercussions des changements sous-jacents qui s’opèrent sur les marchés du crédit privé?

Parlons un instant des obligations à rendement élevé sur le marché des obligations publiques à rendement élevé. Compte tenu de la complaisance ou du niveau des écarts de taux que nous observons aujourd’hui, on ne peut pas, dans ce cas-ci, juger un livre d’après sa couverture en ce qui a trait au marché des obligations à rendement élevé. Au cours de la dernière décennie, la qualité de la composition des obligations à rendement élevé a considérablement changé. Ainsi, le marché des obligations à rendement élevé compte actuellement une part d’environ 10 % plus importante représentée par les obligations notées BB, qui constituent la cohorte de qualité supérieure au sein du marché des obligations à rendement élevé.

Par conséquent, la composition des titres de qualité s’est améliorée, ce qui se traduirait par une probabilité de défaillance plus faible. Et si la probabilité de défaillance de l’ensemble du marché diminue quelque peu, un niveau durable de rémunération des écarts de taux devrait être en conséquence plus faible pour assumer ce risque. Cela me semble très logique.

Et maintenant, la raison pour laquelle cela s’est produit, c’est parce qu’il y a eu une énorme quantité de prêts concurrentiels qui ont été octroyés par l’intermédiaire des marchés de titres de créances et qui sont placés dans la catégorie des prêts privés. Les titres de créance privés englobent tellement d’aspects. Nous ne pouvons donc pas aborder ici toutes les différentes formes que peut prendre le crédit privé, mais je pense qu’on peut affirmer avec une grande certitude que le fait d’envisager une pondération du crédit privé repose sur deux hypothèses : Cela suppose que vous soyez prêt à accepter un niveau de transparence moindre que celui offert par les marchés financiers publics, et que la liquidité relative de l’investissement que vous effectuez et des capitaux que vous apportez soit moindre.

Ce sont des compromis. Le crédit privé a donc connu une forte croissance. Par le passé, la forte croissance des marchés a été marquée par des obstacles, des dommages et des pertes. Nous n’en avons pas encore vu beaucoup. Il y a certainement eu de nombreuses interrogations au sein de certains secteurs du domaine du crédit, comme celui des logiciels, par exemple. Il y a eu beaucoup de discussions autour des sociétés de développement commercial (SDC) et de la structure de ces instruments.

Si vous savez que vous obtenez un degré élevé de diversification, vous pouvez envisager de prendre ces risques et de faire ces compromis. Mais nous allons tout ramener au marché des obligations à rendement élevé. De nombreux arguments rationnels expliquent pourquoi le marché des obligations à rendement élevé se négocie à des niveaux serrés. Les bénéfices sont solides, la composition des titres de qualité est meilleure. Par conséquent, nous avons tendance à être plus en accord qu’en désaccord catégorique avec la durabilité de cette situation.

Benoit Anne : Oui, bien. Eh bien, merci. Une autre question concerne la discussion sur la titrisation, qui revient dans les conversations ces jours-ci. Pourriez-vous m’expliquer les arguments stratégiques en faveur d’une exposition aux titres titrisés dans un portefeuille multisectoriel américain?

Alex Mackey : Bien sûr. Le crédit titrisé est donc une façon de le décrire, mais il s’agit en réalité d’un ensemble d’instruments d’investissement potentiels. Vous avez donc des titres adossés à des actifs, des titres adossés à des créances hypothécaires et des titres adossés à des prêts garantis. Les risques peuvent être pris de différentes façons. Nous pensons que les créances titrisées recèlent un fort potentiel, mais il faut être en mesure d’évaluer le risque au niveau de chaque prêt.

Donc, la transparence, les ressources pour faire ce travail et structurer le risque de manière ascendante : ce que l’on peut toutefois observer de façon constante dans les créances titrisées, ce sont de nombreux exemples de titres présentant une très faible probabilité de défaillance et qui sont surgarantis dans une large mesure, et vous pouvez profiter de la rémunération des écarts de taux qui est typique des titres de créance de sociétés de qualité inférieure ou de sociétés à rendement élevé de grande qualité. Et nous pensons que ce sont des compromis.

Parmi les autres caractéristiques des titres de crédit titrisés, que nous jugeons particulièrement intéressantes dans le contexte actuel du marché, il y a le fait que bon nombre de ces titres comportent des clauses de remboursement anticipé. Ils créent donc constamment des liquidités pour le portefeuille. Vous achetez un titre qui est amorti sur un certain nombre d’années. Le portefeuille est en mesure de récupérer les liquidités qui lui sont remboursées et de les réinvestir sur le marché.

Nous estimons qu’à l’heure actuelle, les liquidités méritent d’être particulièrement valorisées, et que la capacité à mobiliser des liquidités doit être considérée comme une véritable occasion pour les gestionnaires de portefeuille. Ainsi, les titres de crédit titrisés vous offrent la possibilité d’investir en bénéficiant d’écarts de taux attractifs et compétitifs, tout en présentant certaines caractéristiques qui s’inscrivent dans une optique de création de liquidités. En tant qu’investisseurs actifs sur le marché des titres à revenu fixe, nous estimons en effet qu’il sera essentiel de disposer de liquidités en quantités importantes. Nous savons qu’il y aura de la volatilité. Nous ne connaissons pas le moment exact. Mais ce sera le cas, et vous devez être prêt à agir.

Benoit Anne : Oui. Excellent. Voilà qui conclut notre webémission : Pleins feux sur les titres à revenu fixe. Merci beaucoup, Alex. Et chers clients, si vous avez des questions de suivi, n’hésitez pas à communiquer avec nous, et nous vous répondrons. Je vous remercie.

Les points de vue exprimés sont ceux du conférencier et peuvent changer sans préavis. Ces points de vue ne doivent pas être considérés comme des conseils en placement, des recommandations de titres ou une indication d’intention de négociation à l’égard de tout produit de placement de MFS. Les prévisions ne sont pas garanties.

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